VIII – Petit complément avec courte évocation quantique

Publié par le Fév 25, 2016 dans Les Chiffres au fond des nombres

Selon la règle numérale 0 x 0 = 0. Pourtant 0 pullule. Nous ne parlons pas de zéro en tant que marque des vides et des substitutions qu’il effectue  à la place des Chiffres pris dans les nombres. 0 fait des petits qui deviendront grands.

En réalité, d’un point de vue , »disons cosmologique », ce pullulement, cette multiplication, cette extension laquelle est une extraction, s’exprime par une soustraction : 0 – 0 qui est une façon pour 0 de se représenter à lui-même. En effet, ce type de soustraction adopte deux voies : soit l’annulation pure et simple, soit le passage par le complémentaire général, c’est à dire 9. C’est le cas pour 0 lorsqu’il s’agit de calculer son carré : 0² = 9.

La différence d’interprétation qu’offre la multiplication de 0 x 0 avec 0², pointe la formation de 9, un nouveau centre complémentaire de 0. A partir de ce 9, les Chiffres commenceront de se déployer dans le cercle 0.

Ce bref rappel qui, a priori, n’a rien à voir avec elles, conduit à se pencher sur les prémisses de la mécanique quantique : Werner Heisenberg émit l’hypothèse que l’électron n’était pas discernable tant qu’il n’entrait pas en interaction avec une particule. Paul Dirac établit les équations expliquant l’intuition d’Heisenberg et il reconstruisit, en quelque sorte, le monde de la matière fondamentale dans lequel il est impossible de le définir exactement hors de son interaction avec un autre objet quantique. Hors de ces interactions, l’objet quantique s’absente, il n’a plus de « présence ». Mais l’apport considérable de l’anglais Paul Dirac à la science ne se limita pas à mettre en équation l’interaction de l’électron avec une particule : il suggéra et découvrit l’existence de l’antiélectron, lequel, doté d’une charge inverse à celle négative de l’électron, ferait toujours la paire avec celui-ci. Paul Dirac nous introduisit ainsi au monde impensable de l’antimatière.

Cette trop brève évocation de la mécanique quantique éclaire ce qui se passe avec les Chiffres qui, à nos yeux, sont des volumes (sans forme) et non pas Rien.

Nous avons dit que, de façon imagée, 0 constitue un cercle ayant pour centre 9 et dont la circonférence permet de reconstituer hypothétiquement la succession des Chiffres. Il s’agit d’une image, les Chiffres  ne s’en tiennent pas à la stricte circonférence de ce « premier » zéro que nous venons de dessiner. Ils circulent dans le cercle de zéro, mais leurs circulations sont indiscernables, sauf lorsqu’ils entrent en interaction avec un autre.

Pour Exemple  :

figure-10

Figure 10

 

Si les circulations de 2 et de 8 les font entrer en interaction, celle-ci sera discernable;

Cette interaction discernable sera un PRODUIT : 2 x 8 = 7.

figure-11

Figure 11

A partir de ce 7, on pourra reproduire graphiquement un autre schéma qui représentera la circonférence d’un autre zéro :

figure-12

Figure 12

Nous assistons à la « naissance » d’un autre cercle, d’un autre zéro.

Evidemment, il n’y a pas qu’une seul interaction dans le cercle d’un zéro. Loin de là. Il peut y avoir la « naissance » d’une multitude de zéros bien que 0 + 0 + 0 + 0…fasse toujours  0.

De plus, notre dessin n’est qu’une représentation graphique, le nouveau zéro, induit par l’interaction entre 2 et 8, donc esquissé à partir d’un nouveau 7, pourrait avoir plusieurs orientations et ceci sans oublier le cercle précédent.

En sus de ces éventuelles orientations, suggérées par une seul interaction qui a pour produit 7, il nous faut imaginer bien d’autres éventualités suggérées par bien d’autre interactions.

La matière de l’univers est constituée de milliards de milliards de zéros, comme des bulles de savon*. Les Chiffres représentés sur leurs circonférences sont indiscernables tant qu’ils n’entrent pas en interaction les uns avec les autres.

(en effet, dans un seul zéro, exactement à un même instant, peuvent se produire au moins quatre interactions avec l’éventualité globale d’un certain nombre d’orientations ; les Chiffres représentés graphiquement sur la circonférence d’un certain zéro, se retrouveront graphiquement sur les circonférences des zéros apparus suite aux différentes interactions).

figure-13

Figure 13

 

Cette multiplication des zéros démontre que zéro n’est pas le tout du Rien.

Elle semble aller dans le sens de « l’inflation cosmologique« , mais encore faudrait-il être capable de déterminer la direction de cette inflation : est-elle externe comme le sens usuel de ce ce mot semble l’indiquer, ou est-elle interne comme si l’univers ne cessait de se creuser ? Après tout « les espaces infinis » sont autant microscopiques que macroscopiques. Nous n’avons nulle compétence en ce domaine et tel n’est pas le propos de la présente étude. En revanche, nous nous permettrons de défendre la thèse selon laquelle, Rien n’étant pas un tout ni un ensemble, en lui faisant face, 0 offre la possibilité de l’ensemble, du groupe, de la singularité, donc de la pluralité des singularités, des groupes et des ensembles.

Nous tenons à préciser que Rien n’est aucunement le vide que nous croyons percevoir, à tort, dans l’univers et entre les particules. Dans le monde, il y beaucoup de « petits riens », mais jamais Rien. Face à ce Rien il y a, justement 0. Zéro est, à chacune de ses occurrences, le droit à la différence et au pluriel. A chaque fois, 0 est le pivot entre Rien et un ensemble quelconque. De plus, il nous a permis, non seulement de le réhabiliter, mais de rappeler au souvenir, le rôle du Chiffre complémentaire.

 

 

 

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VII – 2. Qu’est-ce que les sens ?

Publié par le Fév 18, 2016 dans Les Chiffres au fond des nombres

Depuis des siècle, on effectue, quant au jeu de l’acteur, une double confusion entre interprétation et jeu de re-présentation, ainsi qu’entre le mécanisme du doublement et l’influence de l’Autre. Les deux confusions  relèvent de la même problématique, celle qui a pour objectif l’effacement, dans l’esprit humain, de la perception du complémentaire. Il ne s’agit pas d’une confusion secondaire mais d’un immense malentendu qui traverse toute l’histoire du Théâtre et les jugements que l’on porte sur cette pratique qui, contrairement à ce qu’on s’efforce de croire, est bien plus qu’une pratique artistique.

Il faudra attendre le monde des nombres pour que l’addition conquiert une place fondamentale. Auparavant les Chiffres se succédaient grâce au doublement et à la diminution (sans oublier la soustraction fondamentale, la division qui leur était corollaire et même le carré dont il faudra attendre bien longtemps avant qu’on ne le conceptualise). La théâtralisation est restée la seule pratique humaine où le doublement, plus exactement son expression, le double, est resté un mécanisme important. Un mécanisme s’arrogeant une place symbolique avec toutes les exagérations et les illusions que cela entraine.

Que ce soit pour le valoriser ou le critiquer, le double sera devenu le parangon du Théâtre. L’extrême importance accordée au double eut un effet pervers déterminant : elle facilita l’oubli du complémentaire. Non seulement l’ordre numéral évacua le rôle du complémentaire, mais le théâtre le remplaça, encore plus rapidement, par la signification. En occident cela se réalisa grâce à la priorité accordée au texte proféré. On serait tenté de croire que le reste du monde échappa à cette substitution, bien au contraire, et cela reviendrait à simplifier le problème. En effet, le primat du texte dans le théâtre occidental, ceci depuis les tragédies et les comédies antiques, qui avait pour objectif de chasser la « possession » utilise des mots. Mais ces mots semblent conserver une proximité avec la « parole ». De plus, ces mots s’adaptent au mieux à la complexité nécessaire à l’espèce humaine pour sentir quelques relents du complémentaire, en tout cas du processus de Re-présentation. Paradoxalement les « théâtres de gestes » répandus dans le monde entier (quand bien même s’accompagnent-ils de chants et de récits) relèvent bien plus de l’exécution que de la re-présentation, bien plus de l’action que de l’acte.

La critique portée à l’encontre du double (nous pensons particulièrement à Denis Diderot avec « le Paradoxe sur la comédien ») conduit d’abord à constater  que l’acteur n’est pas sincère et que de plutôt penser comme le personnage (que pourtant il interprète), il ne manque pas d’observer et de réagir à ce qui se passe dans le public. Et Diderot de donner l’exemple de cette grande actrice à laquelle un spectateur cria « Plus fort ! », qui répondit à cet intrus « Et vous moins fort » tout en ne quittant pas son rôle. D’une certaine façon Diderot est l’ancêtre de Bertolt Brecht qui ne voulait pas que l’Acteur se retrouve possédé par son personnage. Sauf qu’il existe une profonde différence entre les deux points de vue. Hors de l’écriture, Diderot ne croit pas au personnage et veut nous donner à comprendre, qu’au cours de son interprétation, l’Acteur est en double : d’un côté il exécute son rôle, de l’autre il est bien conscient de ce qui se produit dans la salle et ne manque pas d’y répondre. Tandis que Brecht avec « l’effet de distanciation » demande à l’acteur de rester à distance de son personnage, ceci afin de ne pas se retrouver « possédé » par lui. De se retrouver aliéné. En fait Diderot ne croit pas au personnage du Théâtre tandis que Brecht le craint. Au bout du compte, bien qu’on soit tenté de les placer sur la même ligne, Diderot et Brecht ne partagent pas exactement les mêmes convictions. Ceci dépend de l’ambiguité du regard que l’on porte sur le double.

Pour  Diderot, chez l’acteur il n’y a que du double. Pour Brecht, le double est là pour refouler ce qui ne doit pas être. Diderot ne veut pas convenir que la pratique du double est commune, ne serait-ce qu’en société. Il ne va pas jusqu’à réfléchir au caractère double de la matière et s’en tient à l’aspect moral de l’individu dont il voit son défaut valorisé par l’art de la scène. Pour sa part, Brecht, qui veut désaliéner l’Acteur et le public, n’aime pas voir que, justement, derrière le double (dont il ne faut surtout pas faire un fantôme et  le transformer en signification) il y a encore quelque chose. Un quelque chose d’où vient le Théâtre.

N’en déplaise à Diderot, nous vivons et survivons dans les doubles. Les actions que nous menons sont des doubles et les significations qu’elles revêtent à nos yeux sont encore des doubles. D’ailleurs, les langages sont des doubles. Nous pouvons, comme le trapéziste ou le jongleur, nous concentrer sur le double que nous exécutons, nous concentrer si fortement sur lui que nous oublions que c’est un double et que nous croyons qu’il s’agit d’une action pleine. Mais, tous les trapézistes et tous les jongleurs vous le diront : au moins une fois dans leur vie, entre deux trapèzes ou tendu vers une balle en l’air, ils n’ont pas manqué de remarqure clairement, mais froidement, un détail inattendu et précis dans le public. Parce que le doublement (ou la diminution) est inhérent à l’être humain, à l’animal, au végétal et même à la simple matière.

N’en déplaise à Brecht, les doubles ne sont pas « biscuits secs ». Ils trempent dans quelque chose. Et le manque de ce « quelque chose » dont Brecht veut les préserver, leur permet de devenir didactiques, d’un didactisme aussi sec que celui des significations, lesquelles ont perdu « l’émotion » des sens.

Chacun à leur manière, Diderot et Brecht ne croient pas que le monde est fait de doubles.  Pour l’un et l’autre ce sont plutôt des armes, pour l’un les armes de la fausseté hypocrite, pour l’autre les armes de la critique objective. Pour eux, un « double originaire » cela ne saurait exister. Les hommes, qui en sont venus à partager leur opinion, n’y croient pas non plus. C’est à cause de cela qu’ils ont inventé la notion de modèle et qu’ils ont accepté l’ordre des nombres avec la prévalence de l’unité, le 1 qu’on additionne (notion de modèles qu’ils ont utilisée au mieux).

Pourtant le double peut être originaire, sans qu’il soit un modèle sublime et transcendental, pour la simple raison qu’il est multiple et plus ou moins égal, pour la simple raison qu’il est un Chiffre comme un autre. Et pour la raison ambiguë, qu’à défaut d’être rigoureusement égaux et semblables, ces Chiffres sont proportionnels et appartiennent au même groupe associatif.

Mais pourquoi « ambiguë » ? pas seulement parce qu’il s’agirait d’infimes différences de grosseur ni non plus parce qu’il s’agirait d’infimes différences de positions au sein du collectif, mais aussi, justement, parce qu’il s’agit de différences de situations scéniques.  Avec la notion de « situation » nous touchons à un point fondamental du jeu de l’Acteur.

Avec l’ambiguïté nous abordons non seulement la différence de sens, mais le et les sens eux-mêmes. Nous ne nous en tenons plus aux significations chères à Diderot et à Brecht. Le sens précède la signification et le sens manque. Il manque comme manque le complémentaire dans le jeu de l’Acteur, que Diderot le dénie ou que Brecht le refuse.

Ce qui est surprenant et touchant chez les grands Acteurs est leur faculté d’investir un point ou un autre. Il est important de comprendre que cela ne se réduit pas à une exhibition  « spectaculaire »aux « barres parallèles ». Qu’il ait l’intention de s’identifier ou pas, le grand Acteur fait être chaque point. Pour qu’il soit, il le fait être. Sans cela le point n’aurait pas d’être. Il le fait être en l’étant, au moyen de l’identification (que l’Acteur en soit conscient ou pas). Mais il ne le réduit pas à un simple double, il recherche, sans le savoir, un point parallèle et, pour ce faire, il en laisse venir un élément déterminant : le complémentaire. Le Théâtre est la seule pratique qui, dans notre monde des nombres, porte le témoignage du complémentaire, même si les modes le poussent à ne surtout pas le reconnaitre.

Pourquoi avons-nous la conviction de la réalité du point, bien que nous le lui prètions aucune forme (sauf, bien entendu, celle d’une représentation graphique) ? C’est la conviction qu’une entité renvoie à quelque chose qui n’est pas immédiat. Gaston Bachelard nous explique l’idée de réalité : « C’est essentiellement la conviction qu’une entité dépasse son donné immédiat, ou, pour parler plus clairement, c’est la conviction que l’on trouvera plus dans le réel caché que dans le donné évident. » (cf Le nouvel esprit scientifique »; Gaston Bachelard. p 30. Presses Universitaires de France 1968)

Attention, il ne s’agit pas d’un « réel caché » parce que transcendantal, mais caché parce que, selon nos opinions, non évident dans le donné. Les points des Chiffres sont dans le donné. Il en est ainsi pour les Chiffres complémentaires – ce que sont tous les Chiffres -, à la condition qu’ils soient tenu pour ses complémentaires.

Ainsi pour exemple : dans un cercle A nous avons le point du Chiffre 1, lequel se trouve en opposition à son complémentaire 8. 8 se tient aussi sur un cercle B dont il est le milieu d’un de ses arcs. Cet arc du cercle B est parallèle à l’arc 1 du cercle A.

  • Le point du Chiffre 1 du cercle A se voit superposer un autre point dû à une répercussion.
  • Cette répercussion vient du Chiffre 8 qui se trouve à la fois sur le cercle A et sur le cercle B.
  • La répercussion, partie de 8, passe par le complémentaire de celui-ci dans un cercle C.
  • La répercussion se poursuit dans un cercle D et parvient au point 1 du cercle A : tout simplement parce que le Chiffre 1 du cercle A, est aussi, grâce au point qui est superposé à son complémentaire, le complémentaire 8 du Chiffre 1 des cercles C et D.

Deux points superposés de deux Chiffres complémentaires sont des points parallèles ! En effet, le point superposé au point 1 du cercle A est répercuté depuis le complémentaire de celui-ci qui participe à l’arc du cercle B qui lui est parallèle.

Deux points parallèles font qu’il y ait du sens. Il y a du sens parce qu’il y a parallélisme. En l’occurrence parallélisme qui semble ne pas exister mais qui prouve qu’il y a deux éléments différents, donc que deux éléments existent.

Ils existent d’autant plus que, non seulement, ils sont autres mais qu’ils sont aussi mêmes.

Le « même » est constitué « d’autre » et « l »autre » est constitué de « même ». Ce n’est pas une contradiction, mais une conjonction laquelle est unie par le Chiffre 1 du cercle A qui se conjugue avec le Chiffre 8 du cercle D. 1A et 8D se représentent l’un à l’autre quand leurs points se superposent. Deux points sont « parallèles quand ils se superposent et que leurs Chiffres sont complémentaires.

Mais cette représentation et cette superposition seraient insuffisantes s’il n’y avait pas un tiers, un ailleurs qui les identifie (quel que soient les aléas de cette identification).

Cet autre, venu d’ailleurs, n’est pas transcendantal. C’est le Chiffre 8 du cercle A, complémentaire du Chiffre 1 de ce même cercle A.

Il y a du même, de l’autre, mais aussi de l’ailleurs pour considérer la superposition, le « parallélisme », donc il y a du sens. Mais il ne faudrait surtout pas croire que ce sens soit déjà une signification. Il faudra attendre l’évolution des espèces pour que représentation après représentation, beaucoup d’animaux se forgent un esprit plein de significations. Ce faisant, ils s’efforceront de renier le sens soit en le confinant dans leur instinct, soit en le transformant en des significations transcendantales et divines.

Les points parallèles sont une « absurdité », le sens un scandale que les hommes, paradoxalement, refouleront dans les significations. Le monde des nombres sera passé par là. Toutefois, le monde des nombres nous aura permis d’accomplir un énorme progrès dans notre préhension de la matière : si il y a plusieurs choses, ainsi que les nombres nous permettent de les compter, c’est que, dans de nombreux cas, une chose ne peut pas prendre la place d’une autre, quand bien même sont-elles parfaitement semblables. En constatant cela, nous faisons référence au principe d’exclusion de Pauli qui explique qu’autour du noyau d’un atome, un électron ne permet pas à un électron, venu d’ailleurs, de prendre son exacte place (pourtant mobile). Le principe d’exclusion, découvert par le physicien suisse Wolfgang Pauli en 1925, est un des éléments essentiels des théories quantiques de la matière.

Donc, nous dirons : si deux points de Chiffres sont parallèles, c’est qu’ils sont parallèles et justement qu’ils ne se confondent pas l’un avec l’autre ! Il ne faut pas mélanger le besoin de référence à l’Autre (matériel) et la confusion avec autrui (même si, dans nombre de cas et de moments, celle-ci se produit entre deux particules).

 

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VII -1. Le paradoxe sur le parallélisme

Publié par le Fév 11, 2016 dans Les Chiffres au fond des nombres

Au travers de ce qui nous donne l’impression d’être « la même chose » agissent des nuances qui démontrent que, plutôt qu’une compacité indifférente, il y différence. Ces nuances différentielles sont les symptômes de la différence « générale » grâce à laquelle elles sont en mesure de se différencier. Parce que cette différence « générale » est aussi le motif de rassemblement d’un certain type de nuances, mais aucune de celles-ci n’est en droit de prétendre être le symbole déterminant de la différence « générale ». Sauf la différence du complémentaire !

Après tout, le complémentaire est un Chiffre comme un autre, puisque tout Chiffre est complémentaire d’un autre, à la limite c’est un anonyme. Vous nous direz que c’est le cas pour toutes les situations. Tout Chiffre (à part 0 et 9) est le double ou la moitié d’un autre, mais nous ferons remarquer qu’il s’agit d’un mécanisme « simpliste » et évident. Et nous en profiterons pour rappeler la conviction de Gaston Bachelard quant à l’idée de réalité « C’est essentiellement la conviction qu’une entité dépasse son donné immédiat, ou, pour parler plus clairement, c’est la conviction que l’on trouvera plus dans le réel caché que dans le donné évident ». (Cf.  » Le nouvel esprit scientifique » Gaston Bachelard. Presses Universitaires de France 1968 p 30).

Les complémentaires sont des Chiffres aussi réels que les autres, pour la bonne raison que ce sont les autres. De plus, leur anonymat les cache, comme le même masque le même. D’ailleurs le double (dans ses deux acceptions du doublement et de la diminution) est un « truc « – que les hommes se sont empressés de socialiser – pour faire oublier le complémentaire.

Génialement, avec ses postulats, Euclide a plus ou moins « forcé » la question du double. Pensez à son histoire de parallèles !  Au fond, c’est une affaire de doubles. Plus prosaïquement, si vous entrez dans un gymnase et que vous vous trouviez face aux « barres parallèles », sous les yeux vous avez deux barres différentes. Mais l’une n’est pas plus une barre parallèle que l’autre. Elles constituent un seul et même agrès. Mais l’une n’est pas plus parallèle que l’autre. Elles ont besoin de l’une et de l’autre pour être les parallèles d’un même agrès. Il est obligatoire, bien qu’interchangeables dans un même espace-temps, que l’une et l’autre soient, chacune, autre. Le même est autre et l’autre est même.

Voilà un oxymore qui fut insupportable à l’esprit humain au fur et à mesure qu’il s’éveilla à la conscience. Avec son cinquième postulat, Euclide lui rend un grand service : une sorte de double peut tenir lieu d’autre, car il est inadmissible qu’un autre puisse faire partie du même. Euclide inventa la parallèle, nous avons bien dit « inventa » car il n’est pas sûr qu’elle existât dans l’univers concret. Deux parallèles, c’est simple comme principe : ce sont deux choses pareilles, ce sont deux lignes qui ne se rencontrent jamais. D’ailleurs, là est la règle : ne jamais s’écarter,ne jamais se rapprocher, ne jamais se rencontrer. Il s’agit peut-être du même, mais jamais des mêmes. Pour cela, il faut que les lignes soient coupées ! C’est le coup de génie d’Euclide : les parallèles ? des lignes qui ne pourront jamais se rencontrer.

Nous nous trouvons bien dans le monde des nombres, monde dans lequel le double recouvre la moindre possibilité de penser au complémentaire. A tel point qu’on en viendra à sous-estimer le double en tant que double, soit qu’on le tiendra pour un sous-modèle de piètre qualité soit qu’on le prendra pour une apparition originale (tels les articles « neufs » qu’on achète dans les magasins).

Après Euclide, on est convaincu qu’un autre peut avoir du même, mais l’on semble oublier que dans le même, il y a une part d’autre. Il faudra Sigmund Freud pour que certains commencent à l’envisager. Pourtant, bien avant le règne absolu  des nombres et l’invention sublime des parallèles, l’univers des Chiffres offrait la possibilité de constater ce qui ne fut pas constaté ou, peut-être, tout simplement oublié ou, encore mieux, jugé inadmissible parce que contradictoire pour la visualisé traditionnelle.

Euclide fait rentrer tout le monde dans le rang. Plus exactement, dans « les » rangs car il faut qu’il y ait au moins deux rangs. De plus, ces rangs ne doivent jamais se rencontrer. Et, attention :  » En géométrie ‘ordinaire’, d’un point pris hors d’une droite donnée, on peut mener une parallèle à cette droite, et on ne peut en mener q’une. » (Cf. « Dictionnaire des mathématiques élémentaires » . Droites parallèles p. 831. Stella Baruk. Seuil 1992).

Mais, au fait, qu’est-ce qu’une droite ? « Pas plus que pour le point, il n’existe donc de définition autonome d’une droite. Il n’est pas défendu de l’évoquer ; une ligne – suggérée par le fil… »* Comme il n’était pas défendu de l’évoquer au moyen de l’image du fil, on s’est empressé d’imaginer une fil tendu et, de manière plus pratique, un fil qui relie deux points de la manière la plus courte.

Aussi sympathiques et pratiques leur ont-elles parues, les mathématiciens n’ont pas accordé de statut scientifique à ces images. Il était obligatoire de rester dans le domaine des idéalités. Pourtant l’univers n’est pas « idéal » et si nous attachons les deux bouts du fil nous pouvons, en écartant nos mains au milieu du cercle que nous venons de former, en tendre le fil de la circonférence.

Mais avec un cercle, nous aurions toujours une seule ligne. Et puis cette ligne, bien que tendue, serait concentrique. Dans ce cas, nous serions en contradiction avec l’autre image, si pratique, qui montre qu’une droite est le plus court chemin d’un point à un autre. Mais est-ce si sûr ? Dans l’univers existe-t-il des  droites idéales ? Et dans les cercles concentriques, aux circonférences desquelles nous avons placé les Chiffres de conjonction et les Chiffres de succession, le plus court chemin pour relier deux points opposés est-il celui du diamètre ? Si nous partons du Chiffre 1, en ligne droite, pour rejoindre le Chiffre 8, notre ligne disparaitra dans la zone de fusion et de confusion du 9. Dans l’univers, bien souvent, il faut contourner des obstacles et le cercle est bien souvent le plus sûr et le plus rapide. Au bord des sables mouvants, il est périlleux de crier « droit devant ! ». (Cf. « Dictionnaire des mathématiques élémentaires ». Droite p. 379. Stella Baruk. Seuil 1992).

Non seulement notre cercle présente un caractère tendu, mais il nous offre le chemin le plus accessible vers un autre point. Malheureusement, si nous prenons deux de ses arcs de cercle opposés, tels que celui au milieu duquel se tient 1 et celui au milieu duquel se tient 8, ceux-ci ne nous donnent pas l’impression d’être parallèles l’un à l’autre. Dommage, parce que nous commencions à croire qu’avec notre cercle, nous avions « retrouvé » la « ligne droite parallèle à elle-même », une espèce  de serpent de mer chassé de notre monde par l’ordre des nombres. Pourtant, il n’a pas disparu, simplement nous ne savons plus le voir.

 

Face à face, les deux arcs de cercle opposés nous font penser à un homme qui, rentrant son ventre au maximum, jusqu’à se plier, se regarderait dans une glace. Celle-ci lui renverrait la même forme rentrée à l’excès. Certes, en raison du croisement optique, l’épaule gauche de l’homme qui se regarde sera devenue l’épaule droite de celui qui est regardé, mais en profondeur ce sera toujours la même chose, la même courbure. Pour que, dans cette dimension, les deux profils soient parallèles, au sens usuel, il faudrait que le miroir soit déformant, c’est à dire que l’éventuel ventre rentré devienne un gros ventre qui s’avance dans son image. Ce n’est pas le cas et ceci est beaucoup plus important qu’on ne le croit. Le reflet de la projection du bonhomme est parallèle au reflet renvoyé par le miroir déformant. Et ce serait une erreur que de jeter ce parallélisme aux orties.

 

De plus, dans un miroir normal (non déformant), les deux arcs du ventre donnent l’impression de se contredire et on occulte une dimension essentielle :

  • le point du Chiffre 8 – complémentaire du Chiffre 1 – ne se trouve pas systématiquement et seulement sur la circonférence d’un cercle unique,
  • il y a, dans l’univers, des milliards de milliards de cercles et, parmi eux, il en existe au moins deux dont l’arc 1 et l’arc 8, sont parallèles.

A part les duos de points complémentaires qui se tiennent sur un même cercle, tous les arcs complémentaires qui existent dans l’univers, ne retiennent pas ici notre attention, pour la raison, justement, qu’ils ne participent pas à un même cercle. Mais les arcs complémentaires d’un même cercle ne sont pas conventionnellement parallèles :

figure-5

Figure 5

Le point 8, complémentaire dans le cercle A, a de fortes chances statistiques de se trouver sur plein d’autres cercles, particulièrement un cercle B d’égal rayon que celui de A. Dans ce cas, il est au milieu d’un arc 8-B lequel est parallèle à l’arc 1 du cercle A :

figure-6

Figure 6

A noter que le  Chiffre 8 se trouve au milieu de deux arcs qu’il relie : les arcs 8 des cercles A et B.

Mais il n’y a pas que deux cercles passant par ce point 8. Dressons la circonférence d’un troisième :

CERCLES A, B et C

figure-7

Figure 7

Nous venons de tracer un troisième cercle C, dont notre point 8 est le complémentaire de son Chiffre 1.

Et, maintenant, traçons un quatrième cercle dont la circonférence reliera le point 1 du cercle C et le point 1 du cercle A :

figure-8

Figure 8

Constats :

  • l’arc 1 du cercle A est parallèle à l’arc 8 du cercle B,
  • le Chiffre 8 est le complémentaire du Chiffre 1 du cercle C,
  • mais ce Chiffre 8 est aussi le complémentaire du Chiffre 1 du cercle D
  • et le complémentaire du Chiffre 1 du cercle D se trouve placé sur le Chiffre 1 du cercle A !

Dans notre exemple, courant dans la matière, nous avons un parcours intéressant du point du Chiffre 8. Nous disons bien le point parce qu’après tout, le Chiffre 8 n’a pas une « personnalité » avec une individualité douée d’ubiquité qui lui permettrait, en tant qu’elle-même, d’être à la fois, dans le cercle A comme complémentaire de son Chiffre 1 et, en même temps, accolée à ce Chiffre 1-A. La circulation du Chiffre 8 depuis le cercle A (face à son complémentaire 1-A) et depuis l’arc du cercle B, parallèle à l’arc A-1, passe par son complémentaire 1 du cercle C pour rejoindre, grâce au cercle D, le point 1 du cercle A.

figure-9

Figure 9

Cette circulation du Chiffre 8 n’est pas celle d’une entité singulière et en elle-même. Non, il s’agit du repérage de points dont on dira que ce sont des représentants de ce 8. Il y a corrélation entre tous ces Chiffres et cette corrélation au tavers de ces points dont on s’est toujours demandé s’ils avaient une existence concrète.

A défaut de croire en l’existence des points, on utilise leurs représentations depuis des siècles. Notons le caractère amusant de la démarche : on n’arrête pas de les représenter mais l’on sait très bien qu’ils n’ont pas de forme. Donc, sans y réfléchir, on tient la forme pour une essence. Ceci impliquant que la nullité n’est pas sans forme ou, du moins qu’elle permet l’apparition dont les points sont les représentations les plus originales, puisque visibles autant qu’invisibles. Au bout du compte, toutes les figures qui se développent à partir du point apportent la preuve de l’existence du point dont, pourtant, on n’est pas assuré qu’il existe.

Avec les figures qui se déploient à partir d’eux, on fonde les points, particulièrement quand ces figures se croisent. On pourrait dire qu’en se croisant, les figures reviennent sur elles-même, c’est à dire au point. Pour notre part, nous irons jusqu’à nous permettre de dire que le point partage les dessins des figures issues de lui.  Ainsi nous dirons que le point 8, en tant que milieu de l’arc du cercle B parallèle à l’arc 1 du cercle A, nous dirons que ce point 8, qui participe aussi aux cercle C et D, est parallèle au point 1 du cercle A.

Un point parallèle à un autre ? ! Quelle absurdité !  Sans forme, s’ils existent, les points peuvent très bien être parallèles les uns aux autres, comme ils peuvent ne l’être pas. » L’absurdité » du parallélisme des points fut rapidement évacuée par le monde des nombres et, justement, tenue pour une absurdité que même les esprits les plus frustes firent sortir de leur tête.

Pour que deux points, au moins, soient parallèle, il faut :

  • que, dans un même cercle, les deux Chiffres de ces points soient complémentaires,
  • qu’ils participent, l’un et l’autre de deux arcs parallèles, étant entendu que ces deux arcs appartiennent à deux cercles différents reliés par l’un des deux complémentaires,
  • que ce Chiffre complémentaire reliant les deux premiers cercles, ait, dans un troisième cercle, un autre complémentaire,
  • lequel, a son tour, au moyen d’un quatrième cercle comprenant le premier Chiffre, accole au point de celui-ci, le point de son propre complémentaire,
  • complémentaire qui, superposé au premier Chiffre du premier cercle, a même valeur que le complémentaire de celui-ci.

C’est un peu comme si le complémentaire d’un Chiffre se retrouvait accolé et superposé à ce Chiffre. Bien sûr le point superposé au point de ce premier Chiffre n’est qu’un point, mais c’est un point qui acquiert de la personnalité parce qu’il représente le complémentaire, dans son cercle, du Chiffre auquel il se superpose.  Et le complémentaire qu’il représente, ne l’oublions pas, participe à un second cercle dont l’arc, dont il est le milieu, est parallèle à l’arc du premier Chiffre.

Le retour sur un Chiffre (dans nos exemples  le Chiffre 1) d’un point répercuté depuis son Chiffre complémentaire (8), lequel participe, dans un second cercle, à un arc parallèle à celui du premier Chiffre, nous rappelle la règle qui veut qu’une même ligne relie un point à un autre. Et nous assistons au retour du « serpent de mer » qui n’est plus fantasmatique mais devient, concrètement, une ligne parallèle à elle-même grâce à la « monstruosité » de deux points parallèles. Le retour de tels monstres, oblitéré par la raison numérale, est l’apparition des sens, lesquels seront immédiatement formatés en significations.

 

 

 

 

 

 

 

 

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VII – Le complémentaire fournit un sens

Publié par le Fév 11, 2016 dans Les Chiffres au fond des nombres

Sommaire du chapitre VII : Le complémentaire fournit un sens

  • Le paradoxe sur le parallélisme
  • Qu’est-ce que les sens ?
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VI – 3. Les différentes fonctions des Chiffres de conjonction

Publié par le Fév 4, 2016 dans Les Chiffres au fond des nombres

En occident, depuis la fixation d’un texte oral, les Acteurs – lesquels se retrouvaient entre eux puisque les femmes avaient été chassées pour longtemps de la scène – étaient, avant tout, chargés de proférer des significations. Progressivement, certains types de significations furent associés à certains types d’Acteurs qui, rappelons le, étaient des amateurs. Le Théâtre se professionnalisant, les différents types d’acteurs se spécialisent dans différents types de significations. Peu à peu, ces divers types de caractères extérieurs, ces espèces de caricatures, deviennent des caractères internes. Une sorte de caractérologie, assez rigide, se met en place. A partir de la caractérologie s’établiront des grilles « d »emplois ». Les Acteurs seront engagés dans les compagnies avec pour mission de remplir des emplois particuliers.

Cette notion d’emploi perdurera et elle perdure encore. Bien sûr, on ne la respecte plus mécaniquement, d’autant plus que les femmes ont pu enfin monter sur la scène. Et l’on se plait à pratiquer le contre-emploi qui, bien souvent, devient le bon emploi selon l’esprit des époques.

L’entrée en scène des femmes enrichira le Théâtre et l’aidera à se libérer encore plus de la seule signification. Les tragédiennes l’enrichiront particulièrement. D’une certaine façon, elles ont plus ou moins renoué avec l’esprit et la vibration animant les Choeurs de jeunes femmes qui, possédées par Dionysos, couraient et faisaient trembler les campagnes avant que les Cités Grecques ne les masculinisent et ne les disciplinent en inventant « la Tragédie antique ».

En dépit de son éloignement d’avec la chaleur du Choeur Dithyrambique, la caractérologie s’affine, s’intériorise et fait un pas vers ce qui n’a pas encore de nom pour les gens du plateau, la psychologie. Avec la psychologie, le Théâtre, qui était balloté par les courants de la signification, reprend pied sur ce qui le fonde : le jeu dramatique (même si le drame littéraire ne fut pas à l’origine du Théâtre).

Mais la voie de la psychologie ne manque pas, à son tour, d’emprunter le chemin du tic et de la convention où il s’agit de montrer plutôt que d’être – certes, il sera moins question d’imposer une vérité religieuse ou d’asséner un message politique, toutefois, il faudra se montrer capable d’exhiber un trait névrotique – mais, au moins, elle tente de renouer avec la re-présentation.

Même si le nouveau Théâtre s’efforce d’effacer son identité en parlant plutôt de locuteur et de rôle, le personnage, dans le Théâtre occidental, existe bel et bien. Il n’en reste pas moins que sa densité se fonde, pour une grande part, sur quelque chose de paradoxal. Les relations entretenues avec les autres personnages semblent prendre le pas sur un noyau identitaire et, peut-être, le déterminent-elles en partie. La situation est déterminante pour l’identification. Ceci nous rappelle ce que disait Gaston Bachelard sur la nouvelle vision qu’il fallait adopter quant aux objets mathématiques :

On a donc bien pris toutes les précautions pour que la compréhension des objets soit, si l’on peut dire, une compréhension par en dessus et non point par en dessous comme l’était la compréhension d’origine substantielle. autrement dit encore, il s’agit de qualités uniquement relationnelles et nullement substantielles.

Cf. « Le nouvel esprit scientifique ». Gaston Bachelard. Presses universitaires de France 1968 p. 29

Faisons tout de même attention, du point de vue de l’Actrice et de l’Acteur, la compréhension par en dessus ne doit pas devenir une fuite vers une complète extériorité où ne compterait plus que l’expression.

L’actrice et l’acteur ne seraient plus que des hauts-parleurs comme l’étaient les tragédiens antiques sous leur masque. Il n’en reste pas moins  que l’acteur et son personnage mutent au contact de leurs partenaires et interlocuteurs. La situation est devenue primordiale – situation scénique et fictive. Le rapport à l’autre est fondateur d’une nouvelle identité. C’est ce qui se passe avec les Chiffres de conjonction.

 

Fonction de Répétition 1.   Le Chiffre 1 répète le Chiffre qu’il multiplie :

1 x 1 = 1 ; 2 x 1 = 2 ; 3 x 1 = 3 ; 4 x 1 = 4 ; 8 x 1 = 8 ; 7 x 1 = 7 ; 6 x 1 = 6 ; 5 x 1 = 5.

Fonction de Doublement (double) 2.  Le Chiffre 2 double le Chiffre qu’il multiplie :

1 x 2 = 2 ; 2 x 2 = 4 ; 3 x 2 = 6 ; 4 x 2 = 8 ; 8 x 2 = 7 ; 7 x 2 = 5 ; 6 x 2 = 3 ; 5 x 2 = 1.

Fonction de Diminution (moitié) 5.  Le Chiffre 5 diminue de moitié le Chiffre qu’il multiplie :

1 x 5 = 5 ;  2 x 5 = 1 ;  3 x 5 = 6 ; 4 x 5 = 2 ; 8 x 5 = 4 ; 7 x 5 = 8 ; 6 x 5 = 3 ; 5 x 5 = 7.

Fonction de Complémentarité (complémentaire) 8.  Le Chiffre 8 produit le complémentaire du Chiffre qu’il multiplie :

1 x 8 = 8 ; 2 x 8 = 7 ; 3 x 8 = 6 ; 4 x 8 = 5 ; 8 x 8 = 1 ; 7 x 8 = 2 ; 6 x 8 = 3 ; 5 x 8 = 4.

 

Si tout Chiffre bénéficie du doublement,de la diminution et de la complémentarité, il en est , justement, de même pour le complémentaire.

Chaque Chiffre est le complémentaire d’un autre  et ce complémentaire doit être traité en tant que tel. Donc tout Chiffre renvoie à un complémentaire qui doit bénéficier d’un doublement et d’une diminution spécifiques. Fonctionnellement, il est nécessaire de partir du Chiffre dont on veut doubler ou diminuer le complémentaire.

Fonction de doublement du complémentaire 7.  Le Chiffre 7 produit le double du complémentaire du Chiffre qu’il multiplie :

1 x 7 = 8 (compl. 8) ; 2 x 7 = 5 (compl. 7) ; 3 x 7 = 3 (compl. 6) ; 4 x 7 = 1 (compl. 5) ; 8 x 7 = 2 (compl. 1) ; 7 x 7 = 4 (compl. 2) ; 6 x 7 = 6 (compl. 3) ; 5 x 5 = 8 (compl. 4).

Fonction de diminution du complémentaire 4. Le Chiffre 4 produit la diminution de moitié du complémentaire du Chiffre qu’il multiplie :

1 x 4 = 4 (compl. 8) ; 2 x 4 = 8 (compl. 7) ; 3 x 4 = 3 (compl. 6) ; 4 x 4 = 7 (compl. 5) ; 8 x 4 = 5 (compl. 1) ; 7 x 4 = 1 (compl. 2) ; 6 x 4 = 6 (compl. 3) ; 5 x 4 = 2 (compl.4).

 

Nous n’avons pas multiplié 0 et 9 par aucun des Chiffres de conjonction pour la bonne raison que le produit eut été toujours de 0 et de 9. En revanche, nous avons, tout de même, multiplié les Chiffres de succession 3 et 6 dont le produit  de chacun des deux peut être lui-même ou son partenaire. Ils sont semi-absorbants.

Au cours de l’ensemble des multiplications, on a, évidemment constaté que chaque Chiffre se retrouvait doublé, diminué ou « complémentarisé ». mais on ne doit pas oublier, qu’une multiplication comportant deux facteurs, chacun des deux Chiffres exerce son action sur l’autre et participe de la détermination du produit.

Ainsi dans l’opération : 7 x 1 = 7

  • le Chiffre 7 est multiplié par la fonction de répétition 1, donc le Chiffre 7 se trouve répété et le produit est 7,
  • mais le Chiffre 1 est multiplié par 7 qui remplit la fonction de doublement du complémentaire,
  • donc le Chiffre 1, fonction de répétition, est muté en double de son propre complémentaire 8.

 

Le produit de cette opération est la répétition du Chiffre 7 et la trans formation de 1 en double de son complémentaire 8. Donc la répétition d’un Chiffre et le doublement du complémentaire de l’autre. En représentant deux Chiffres l’un à l’autre, la multiplication s’exerce de l’un sur l’autre et réciproquement. Le Chiffre produit est une synthèse de l’exercice de ces deux fonctions. Entre autres. Parce que le profil d’un Chiffre de conjonction n’est pas univoque et cristallise plusieurs caractéristiques.

Dressons le profil des 6 Chiffres de conjonction : 1, 2, 4, 8, 7 et 5 

Le 1 : 

  • 1 est étranger aux Chiffres circulaires 0 et 9
  • il est différent des Chiffres de succession 3 et 6, bien qu’il puisse les multiplier
  • il est le double de 5
  • il est la moitié de 2
  • il est le complémentaire du Chiffre 8
  • il exerce la fonction de répétition de tous les Chiffres, même 0 et 9, ce qui est logique puis qu’il s’agit de répétition mais cela lui confère un statut particulier vis à vis des autres Chiffres de conjonction (ceci expliquant peut être la primauté qui lui fut accordée dans l’ordre numéral).

Le 2 :

  • 2 est étranger aux Chiffres circulaires 0 et 9
  • il est différent des Chiffres de succession 3 et 6, bien qu’il puisse les multiplier
  • il est le double de 1
  • il est la moitié de 4
  • il est le complémentaire du Chiffre 7
  • il exerce la fonction de doublement de tout Chiffre (à part 0 et 9) en multipliant celui-ci.

Le 4 : 

  • 4 est étranger aux Chiffres circulaires 0 et 9
  •  Il est différent des Chiffres de succession 3 et 6, bien qu’il puisse les multiplier
  • il est le double de 2
  • il est la moitié de 8
  • il est le complémentaire du Chiffre 5
  • il exerce la fonction de diminution du complémentaire de tout Chiffre (à part 0 et 9) en multipliant celui-ci.

Le 8 : 

  • 8 est étranger aux Chiffres circulaires 0 et 9
  • il est différent des Chiffres de succession 3 et 6, bien qu’il puisse les multiplier
  • il est le double de 4
  • il est la moitié de 7
  • il est le complémentaire de 1
  • il exerce la fonction de complémentarité de tout chiffre (à part à et 9) en multipliant celui-ci.

Le 7 : 

  •  7 est étranger aux Chiffres circulaires 0 et 9
  •  il est différent des Chiffres de succession 3 et 6, bien qu’il puissent les multiplier
  •  il est le double de 8
  •  il est la moitié de 5
  •  il est le complémentaire de 2
  •  il exerce le fonction de doublement du complémentaire de tout Chiffre (à part 0 et 9) en multipliant celui-ci.

Le 5 : 

  •  5 est étranger aux Chiffres circulaires 0 et 9
  •  il est différent des Chiffres de succession 3 et 6, bien qu’il puisse les multiplier
  •  il est le double de 7
  •  il est la moitié de 1
  •  il est le complémentaire du Chiffre 4
  •  il exerce la fonction de diminution de moitié de tout Chiffre (à part 0 et 9) en multipliant celui-ci.

Chaque Chiffre de conjonction est un carrefour et pas du tout un aboutissement. Donc pas, non plus, une origine transcendante.

Il est important de ne pas confondre des éléments qui nous paraissent semblables sous le seul prétexte qu’ils arrivent et passent au même point. Prenons, par exemple, le Chiffre 4. nous savions  qu’il était le double de 2 et nous savons maintenant qu’il est le complémentaire de 5, mais nous sommes prêts à admettre  qu’il ne s’agit pas exactement de la même chose, pour la raison que ce même Chiffre 4 n’est pas le produit d’un seul et même processus.

En revanche, nous devenons plus réticents quand nous devons distinguer entre le complémentaire de 5 (9 – 5 = 4) et la moitié du complémentaire de 1 (9 – 1 = 8 → 8 x 5 et 1 x 4). « Tout ça, c’est des histoires de complémentaire, c’est du pareil au même ! » Et bien non !

La complémentarité d’un certain Chiffre n’est pas la même chose que la diminution d’un autre complémentaire d’un autre Chiffre, même si ces deux démarches se croisent en un point semblable. Ce qui est semblable est aussi différent. Les Chiffres nous apprennent que les identités sont des associations de différences.

 

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VI – 2. Fonction semi-absorbante des Chiffres de succession 3 et 6

Publié par le Jan 27, 2016 dans Les Chiffres au fond des nombres

3 et 6 sont le double (doublement), la moitié (diminution) et le complémentaire l’un de l’autre :

3 x 2 = 6 ; 6 x 2 = 12 → 1 + 2 = 3 ; 3 x 5 = 15 → 1 + 5 = 6 ; 6 x 5 = 30 → 3 + 0 = 3  ;   9 – 3 = 6 ; 9 –  6 = 3.

3 et 6 sont différents l’un de l’autre mais leurs différences sont inverses les unes des autres. Ce constat dit que l’un n’est pas systématiquement plus rapide ou plus lent que l’autre. 3 et 6 n’indiquent donc pas une différence de vitesse, mais l’alternance propre à la succession.Evidemment, au cours de cette succession, il y a des accélération et des ralentissements mais ils ne sont pas dévolus automatiquement à l’un ou à l’autre des deux Chiffres.

 

Le rôle paradoxal de la succession est de susciter de la différence. Si deux choses se succèdent, c’est que, quel que soit leur point commun, elles sont différentes. Pour le sens usuel, deux choses sont en mesure de se succéder parce qu’elles sont différentes, mais l’esprit des Chiffres doute de cette évidence : deux choses seraient différentes parce qu’elles se succèdent. Attention, une telle mise au point ne veut surtout pas dire que deux éléments qui se trouveraient dans l’univers, à des millions de kilomètres l’un de l’autre, ne fassent pas partie de la même famille, du même groupe, du même ensemble. Il existe  des différences dans une même et « seule » entité (allons encore plus loin que l’image du serpent qui glisse devant nous et pensons à un serpent immense qui serait fragmenté et dont les fragments seraient épars  dans l’univers).

Les Chiffres de succession sont moins là pour marquer les aléas temporels – au contraire, d’ailleurs, ils indiquent plutôt une proportionnalité temporelle (nous le verrons plus tard) – que pour entrainer les Chiffres de conjonction vers leur absorption progressive par 9.

3 et 6 entraînent les Chiffres de conjonction vers 9, voilà pourquoi leur fonction est semi-absorbante. Ils les entraînent en leur faisant franchir une première étape. Elle consiste, au moyen de la multiplication, à transformer tous les Chiffres de conjonction en Chiffres de succession.

Rappel :

3 x 1 = 3 ; 3 x 4 = 3 ; 3 x 7 = 3

3 x 2 = 6 ; 3 x 5 = 6 ; 3 x 8 = 6

…………………………………………..

6 x 1 = 6 ; 6 x 4 = 6 ; 6 x 7 = 6

6 x 2 = 3 ; 6 x 5 = 3 ; 6 x 8 = 3

 

Entrés dans la peau de 3 et de 6, les Chiffres de conjonction se retrouvent au plus proche de 9. De même, il suffit que 3 et 6 se représentent  l’un à l’autre : 3 x 6, pour qu’ils retombent dans 9.

Si, au bout du compte, tout Chiffre a pour destin  d’être absorbé par 9, comment se fait-il qu’il y ait encore des Chiffres ? A part 0, 9 absorbe tout, mais « l’existence » de cet autre pôle qu’est 0 ne le contredit pas, car finalement la circonférence et le centre d’un cercle sont deux pôles opposés (et complémentaires).

Plus haut, nous avons dit que 0 avait le droit de bénéficier d’une racine carrée égale à lui-même 0, comme 9. mais nous n’avons pas précisé que 9 bénéficiait de deux autres racines carrées : 3 et 6 (6 x6 = 36 → 3 + 6 = 9). Si nous nous permettons de comparer (toutes proportions gardées) le Chiffre 9 aux trous noirs découverts par la cosmologie, nous émettons l’hypothèse que les racines carrées de 9 : 3 et 6 sont semblables aux rejets libérés par ces trous noirs. Théoriquement, dans l’univers, tout ce qui se rapproche d’un trou noir se trouve absorbé par lui et perd toute chance de s’en sortir. A part quelques débris qui se trouvent expulsés de ce point de fusion. Et quand nous parlons de débris, il ne faut pas s’imaginer qu’on aurait à faire à des parcelles d’entités qui auraient été avalées. En fait chaque élément avalé se retrouve confondu et ce sont des parcelles, des racines de 9 qui parviennent à déborder de celui-ci.

Avec les débris de 9, ses racines, avec 3 et 6, pourront naître les Chiffres de conjonction. Au sortir du gouffre de 9, 3 et 6 se frottent l’un à l’autre. S’ils se multiplient ils sont immédiatement ravalés par 9 (mythe d’Orphée), en revanche s’ils se divisent, ils produisent 2 et 5 lesquels, eux, pourront se multiplier pour faire apparaitre 1. Ce fameux 1 que l’ordre numéral feindra de prendre pour la base de tout.

 

 

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VI – 1. Fonction absorbante des Chiffres circulaires 0 et 9

Publié par le Jan 21, 2016 dans Les Chiffres au fond des nombres

Pourquoi appelons-nous 0 et 9 des Chiffres circulaires ? On construit un cercle au moyen de 0 et 9. 0 en est la circonférence (similitude formelle) et 9 en est le centre. Le monde numéral, avec la géométrie, inversera les rôles : 0, signe de rien, deviendra le centre.

Si, au stade des Chiffres, 0 est une circonférence et 9 un centre, lequel précède l’autre ? Question oiseuse, typique de notre monde macroscopique, mais indispensable à notre « raison ». Une circonférence a besoin d’un centre pour être un cercle, et un centre ne peut être tenu pour tel que s’il est celui d’une forme. Notre raison éprouve toujours une certaine réticence à l’encontre de la « corrélation ». Pas de circonférence exempte d’un centre ni de centre hors d’une forme, mais un centre n’est-il pas toujours lui-même un cercle ?

Pourquoi un cercle ? Parce que, dans un même temps, un cercle est une ligne qui entoure une surface dont on se demande si elle est quelque chose. Elle entoure quelque chose dont on se demande si il est quelque chose ! De plus, sans épaisseur, une ligne est déjà un objet ambigu. A l’image de la ligne, le centre est un OVNI.

Nous n’employons pas fortuitement l’expression  » à l’image » : le centre serait une image de la circonférence, 9 une image de 0. Une image kaléidoscopique qui donne l’impression de la succession  et de la pluralité là où on ne voyait rien. 9 permet à 0 d’offrir l’impression qu’il n’est pas rien. On existe quand on est capable de produire une impression. Non seulement 0 n’est pas rien, mais en plus il donne sa raison d’être à 9.

 

0 et 9 sont complémentaires. Selon les rapports qu’entretiennent deux Chiffres complémentaires, 0² doit être égal à 9² = 9. Nous l’avons dit, le carré de 0 s’obtient en soustrayant 0 de 0, une façon pour 0 de se représenter à lui-même. D’ailleurs quel pourrait bien être ce « lui-même » puis qu’il s’agit de quelque chose de nul ?

Et bien, on fait « rendre gorge » à cette nullité afin de voir s’il est possible d’en retirer la moindre chose.

 

Selon l’esprit des Chiffres, quand on soustrait un Chiffre à lui-même, pour le reste on a le choix : soit celui de l’annulation → x – x = 0, soit celui de la remise en fusion → x – x = 9. Le cas de 0 est particulier, puisque si l’on choisit 0 – 0 = 9, on choisit comme reste le complémentaire de 0.

Pourquoi 9, est-il le complémentaire de 0 ? Parce que le complémentaire d’un Chiffre est ce qui reste de la soustraction de ce Chiffre  de 9 → 9 – 0 = 9.

Donc 9 est, non seulement par rapport à 0, le Chiffre dans lequel tout Chiffre retourne en cas d’annulation, mais aussi son complémentaire ! En quelque sorte, en soustrayant 0 de 0, on désabsorbe 0 de 0. Démarche incroyable quand on sait que les Chiffres complémentaires 0 et 9 sont des Chiffres absorbants.

0 est plus absorbant que 9. Tout Chiffre multiplié par 0 ou par 9, a pour produit 0 ou 9, mais la multiplication 0 x 9 a pour résultat 0. Ce qui correspond  à l’équilibre de chaque couple complémentaire : « l’esprit » du carré se trouvant plutôt du côté d’un des deux partenaires, tandis que « l’esprit » de la multiplication se trouverait plutôt de l’autre.

Mais cette dernière nuance n’est pas valable pour les deux Chiffres de succession 3 et 6 puisque le carré de chacun est le même que leur produit → 3 x 3 = 3 x 6 = 9.

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