Science

La matière s’identifie

Posted by on Jan 28, 2014 in Blog, Science, Théâtre

Je n’en ai pas fini avec les neurones miroirs pour la simple raison qu’ils n’en ont pas fini avec moi. L’âge aidant, je confonds l’action que j’ai imaginée, à laquelle j’ai pensée, avec l’action que j’ai accomplie, exécutée. Je suis surpris de ne pas retrouver mes clefs dans ma poche sous le prétexte que j’avais imaginé les y avoir mises. Au tribunal, dans ma jeunesse, j’aurais risqué d’être sanctionné plus gravement si j’avais eu l’intention d’effectuer l’action que l’on me reprochait, alors que maintenant on pourrait augmenter ma peine si j’avais commis ce dont je n’ai eu que la malencontreuse intention.

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Mises au point quant à l’identification et au personnage

Posted by on Jan 21, 2014 in Blog, Science, Théâtre

A l’écoute des radios, à la lecture des livres et des journaux, je me rends compte que tout le monde fait référence à l’identification et j’en arrive à me demander si ce n’est pas fantasme, de ma part, que de croire celle-ci mise à l’écart. Bien sûr, le « politiquement correct » voue l’identité aux gémonies quand on la pousse jusqu’à l’identitarisme, mais, sans céder au fanatisme, la majorité de nos concitoyens semble persuadée d’être « quelque chose » plutôt qu’une autre. Il n’en reste pas moins, dans notre société, un certain malaise entoure ces notions. Ce malaise est d’autant plus perceptible dans les milieux dits intellectuels, qu’on y hésite à les utiliser pour soumettre des réflexions dites sérieuses. Certes, ce ne sont pas les lubies des théoriciens de toutes catégories (à l’exclusion des psychanalystes), ni non plus les préoccupations de « l’avant-garde » théâtrale qui vont donner à penser que l’opinion ne pense plus la même chose, mais les soubresauts de la mode ne sont pas des soubresauts de dernière extrémité, souvent ils ont l’avenir devant eux. Comme son nom l’indique, l’opinion est ce qui opine, et si le fait d’agiter le pompon qu’on a sur la tête marque, dans un premier temps, quelque hésitation, cela finit, la plupart du temps, en mouvement d’approbation. On ne doit pas négliger la puissance de la « tendance », beaucoup de femmes qui, à l’époque, ont haussé les épaules devant l’apparition de la minijupe, n’ont  pas manqué, en un même temps, de ne plus porter de robes jusqu’aux chevilles. Souvent, la mode a le dernier mot, ceci d’autant plus que ce jour là, elle commence à se démoder. Il y a « tendance » à renier l’identification, particulièrement dans un monde qui reposait, en grande partie, sur elle : le théâtre ; mais le plus amusant – ou le plus triste -, est que les spectateurs croyant, dur comme fer, en l’identification, soutiennent des artistes qui déclarent s’en libérer, ceci dans la plus grande confusion. On vote sans hésiter pour quelqu’un dont on désapprouve concrètement le programme, de même façon qu’on présente un programme qu’on se gardera de mettre en pratique, plutôt qu’un autre dont on sait ne pas avoir l’image ni la compétence. Est-ce de l’hypocrisie réciproque ou, tout simplement, une perte de crédit en ce que l’on dit et ce que l’on croit ? Il n’en reste pas moins que, se moquant des non-faits et des non-dits, la « tendance » avance.

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Denis Diderot reste au milieu du gué

Posted by on Jan 17, 2014 in Blog, Science, Théâtre

Beaucoup de gens, qui n’ont pas lu « le Paradoxe sur le comédien » de Diderot, mais qui en ont entendu parler, l’appellent « le Paradoxe du comédien ». En commettant cette petite faute, ils se dénoncent tout de suite aux oreilles de ceux qui l’ont vraiment lu et, s’ils ne veulent pas que ceux-ci rient dans leur dos, ils ont intérêt à ne pas prétendre en avoir été les lecteurs. Pourtant, comme l’auteur du fameux « Paradoxe », ils ne font que rester au milieu du gué, à la différence que, si Diderot se trouve effectivement au milieu du gué, c’est après avoir délibérément choisi d’emprunter un certain versant du chemin tandis que nos non-lecteurs ne savent pas précisément ce qu’il pourrait y avoir de paradoxal bien qu’ils sachent instinctivement qu’il y a du « paradoxe » chez le comédien. Au moins, ils ont senti qu’en ce qui concerne le comédien il ne faudrait pas croire ce qu’on en croit, mais qu’en croit-on ? Pour Diderot, il n’y a pas de doute, on en croit qu’on y croit et, justement, il va s’attacher à démontrer qu’on a tort d’y croire, mais que croit-on ? Diderot, sachant bien qu’on ne croit pas dans la réalité présente de l’histoire racontée sur scène, en quoi croit-il qu’on croit ? Il est persuadé qu’on croit en la sincérité de celui qui joue. Attention, j’ai bien dit « de celui qui joue », il ne traite ni de la vérité ni de l’authenticité des faits racontés, encore que ce ne soit pas aussi simple parce que le comédien pourrait nous raconter les sentiments éprouvés par son personnage, sauf que dans ce cas il serait en train de raconter et non pas de jouer ! Diderot, implicitement, reconnait l’existence du jeu et sa différence d’avec le fait de raconter. A la limite, bien qu’il ne l’ait point dit, il aurait pu trouver beaucoup plus de sincérité chez celui qui raconte que chez celui qui joue (Diderot pourrait être considéré comme un précurseur de Brecht puisqu’avec lui l’acteur, afin de se « distancier » du personnage, dont il tient le rôle, se doit de le « raconter » plus que de le jouer au sens traditionnel – en fait, lui est demandé de « raconter en jouant » ou de « jouer en racontant »).

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Position variable du texte dans l’élaboration d’un spectacle

Posted by on Jan 7, 2014 in Blog, Géopolitique, Science, Théâtre

Je n’ai toujours pas répondu à la question : à quel moment considère-t-on le texte achevé ? Ma façon de poser la question induit immédiatement un certain flou, en raison des éventuelles corrections nécessaires dans la confection d’un texte censé rendre compte de ce qui s’est dit et, dans une moindre mesure, de ce qui s’est fait sur scène. Si, dans l’esprit de la tradition, on s’en tenait au seul niveau littéraire, on n’hésiterait pas à affirmer que ce texte sera achevé quand l’auteur l’aura achevé, ce qui ne préciserait  pas à quel moment l’auteur jugerait qu’il l’a achevé. Sans oublier, non plus, que le jugement de l’auteur, même s’il se trouve confirmé par la loi, ne sera pas incontournable par rapport à « l’histoire ». En lui-même, le texte a, pour une grande part, une vie indépendante de celle de son auteur. On me dira que c’est le cas de la plupart des enfants et je répondrai que c’est aussi le cas de la plupart des parents. Figurez-vous qu’un texte, surtout un texte de spectacle, n’est pas systématiquement postérieur à son auteur ! On a envie, aussitôt, de s’en étonner tant on est soumis à l’opinion déiste selon laquelle, bien évidemment, le créateur précède sa créature. Je ferai juste remarquer qu’au théâtre, le créateur est le créateur d’un rôle, c’est à dire l’acteur qui, pour la première fois, dans l’histoire, interprète un rôle dans une pièce et, par extension, mais seulement par extension, le metteur en scène qui porte cette pièce à la scène. De toute façon, selon le langage du théâtre, l’auteur n’est pas le créateur, quand bien même un tel usage défrise les supporters de la « littérature ». D’ailleurs, pareil usage est très instructif, il nous rappelle qu’aux yeux du Théâtre, seul le jeu des actrices et des acteurs – ou la direction de celui-ci – tire du néant. Vous vous en doutez, ceci n’est pas pour rien dans mon intention de souligner le rôle majeur tenu par le Théâtre dans l’existence de la matière.

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Le Théâtre n’est pas une science, mais sa considération peut enrichir celle-ci

Posted by on Déc 3, 2013 in Blog, Science, Théâtre

Grâce à sa faculté de considération, chaque chose est capable « d’envisager » les autres choses qui l’entourent. Sa façon « d’envisager »  reste, au niveau général, « inintentionnelle ». C’est à un autre niveau, avec les êtres vivants, plus particulièrement avec l’homme, que je peux parler d’intention, laquelle est le fait d’une phase de ressaisissement. Une telle phase est conséquente du processus de Re-présentation qui manoeuvre à tous les niveaux de la matière. En évoquant le caractère intentionnel ou non, on sollicite une métaphore, à la nuance près, qu’habituellement la métaphore s’effectue en sens inverse : on emploie une image concrète  afin de décrire une entité abstraite. Ici, au contraire, je fais référence à une faculté prêtée à la conscience pour désigner une possibilité « matérielle ». Le chemin emprunté par la métaphore traditionnelle paraissait logique tandis que la description d’une possibilité concrète au moyen d’une image « intellectuelle » peut sembler tirée par les cheveux. On expliquait une chose difficile d’accès avec un outil simple, et là…Malheureusement, en faisant ce constat, on oublie que les choses les plus simples et les plus concrètes ne vont pas de soi, ne serait-ce qu’en ce qui concerne leur existence.

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Possession, identification et considération

Posted by on Nov 29, 2013 in Blog, Géopolitique, Science, Théâtre

Les choses qui existent sont des représentations, les unes matérielles, les autres immatérielles, mais qui en décide ? C’est nous qui en « décidons », ou plutôt la conformation de notre perception et de notre conception, mais nous en « décidons » comme en « décident » les autres mammifères, les autres animaux, les végétaux et les minéraux. J’appellerai ce type de décision inintentionnelle : une considération. Celle-ci est différente selon les espèces et les catégories de matière. Au  Théâtre, l’acteur peut jouer le rôle d’un zèbre ou d’une betterave, étant entendu qu’il ne faille pas confondre jouer et signifier – encore que certains ne parviennent pas à ressentir une différence et que d’autres tiennent le fait de signifier plutôt que de » jouer » pour une libération, une désaliénation et de l’interprète et du spectateur qui, ainsi, éviteraient de s’identifier. Jouer une betterave ou un zèbre ne veut pas dire, qu’en terme d’essence, on devienne un zèbre ou une betterave, mais que, sur scène, on assume la re-présentation de la betterave ou du zèbre, laquelle produit, entre autre, des représentations de zèbre ou de betterave chez les spectateurs et les partenaires. Assumer la re-présentation du zèbre ou de la betterave ne manquera pas d’affecter le dispositif identificatoire de l’actrice et l’acteur,

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